Le Sri Lanka où la quête d’une aventure photographique !
Voyage au Sri Lanka : suivez un road trip photo de 17 jours entre safaris à Yala et Uda Walawe, train mythique vers Ella, temples bouddhistes, plages sauvages, surf à Galle et coucher de soleil à Mirissa. Entre nature, culture, faune et paysages grandioses, ce carnet de voyage raconte une aventure immersive au cœur du Sri Lanka, idéale pour préparer un séjour, trouver des idées d’itinéraire et découvrir les plus beaux spots photo de l’île.
Sofiane Beyragued
4/11/202654 min lire


Tout commence un matin de mars, à Lyon Saint-Exupéry, quand nous embarquons pour Istanbul avec nos sacs à dos, nos boîtiers photo et cette excitation brute d’un voyage qui démarre enfin. Quelques heures plus tard, la lumière orangée du couchant baigne les pistes d’Istanbul, et déjà nous changeons d’univers avant même d’avoir foulé l’Asie. De nuit, nous survolons l’océan, les sièges inclinés tant bien que mal, partagés entre l’impatience et l’impossibilité de dormir vraiment, chacun imaginant les premières images que nous allons rapporter du Sri Lanka. À bord du second vol vers Colombo, je fixe par le hublot ce noir profond en me répétant que, là-bas, au bout, nous attendent 17 jours d’aventure, de photographie de voyage et d’amitié.
Jour 1 - Lyon - Colombo : un long vol vers l’inconnu
Après environ 18h de périple entre les vols et l’escale, nous atterrissons enfin à Colombo, aéroport international Bandaranaike au lever du jour, les yeux encore embués, la chaleur et l’humidité nous saisissent immédiatement. Les valises sont rapidement récupérées et nous nous dirigeons vers la sortie où nous rencontrons notre guide et chauffeur pour l’ensemble du séjour. Lahiru nous attend avec un écriteau sur lequel nos noms sont inscrits et nous découvrons le sourire qu’il arborera durant tout notre séjour.
Pas une minute à perdre, nous nous extirpons de la foule de l’aéroport et mettons le cap au Nord direction Negombo surnommée « Little Rome », car encore largement catholique. Il s’agit en effet d’une ancienne colonie portugaise.
Lorsque nous arrivons après moins d’une heure de route, il fait déjà bien chaud. Le parfum des poissons qui sèchent au soleil nous prend d’assaut et nos yeux sont happés par le ballet des bateaux de pêche qui glissent sur la lagune. Les catamarans traditionnels « oruwa » découpent la lumière du matin, parfait terrain de jeu pour tester les téléobjectifs et les silhouettes graphiques. On sent tout de suite l’atmosphère typique du village de pêcheurs où les aigrettes blanches et les chats profitent des poissonnets que les pêcheurs sortent des filets. Il y en a pour tout le monde.
Plus en arrière de la plage, à proximité de la route, des dizaines d’étals concentrent les pêcheurs armés de leurs longs couteaux, coupant et levant les filets pour vendre les prises du jour. Thon, bonite, crevette…fraîcheur garantie.
Nous nous attardons quelques instant pour capturer ces scènes et nous reprenons la route pour Anuradhapura qui sera notre première claque visuelle durant ce voyage.
Avant d’atteindre notre point de chute pour nos deux premières nuits au Sri Lanka, nous faisons un crochet par Yapahuwa Rock Fortress, une forteresse perchée qui domine la plaine comme un décor de film. En pleine chaleur de l’après-midi, chaque marche se faisait sentir, le dos trempé, les cuisses en feu, mais l’envie d’atteindre le sommet prenait vite le dessus. L’escalier monumental, bordé de sculptures et de pierres usées, était un régal pour les yeux et une souffrance pour le reste du corps. Arrivés en haut, le vent chaud balayait les ruines et offrait une vue panoramique sur les collines et la campagne environnante, comme un océan de vert percé de rochers. On a passé un long moment à cadrer ces restes de murs, d’escaliers et de sanctuaires, vestiges d’un ancien site d’offrandes, avec la sensation d’être suspendus entre histoire, pierre et ciel. Le site est également prisé de singes, à l’affut eux aussi d’une offrande. Espiègles et curieux ils s’approchent très près pour se faire tirer le portrait. J’ai fait certaines de mes photos préférées ici. La balade fut donc éprouvante mais la récompense ne s’est pas faite attendre.
Nous retrouvons Lahiru qui nous a attendu dans la voiture bien à l’ombre et reprenons la route pour notre hébergement, la Forest Edge Villa à Anuradhapura. Qu’il va être bon de se reposer après cette journée bien remplie. Nous sommes très bien accueillis par notre hôte et sa compagne qui gèrent l'hébergement. La chambre est climatisée et confortable. Notre hôte vient discuter pour faire notre connaissance, et s’assure que nous ne manquons de rien. Après une bonne douche, il est heure de passer à table. Le repas est traditionnel mais adapté aux palais européen car au Sri Lanka, on n’y va pas de main morte sur les épices. Nous profitons du repas pour organiser la journée de demain. Le départ sera tôt, comme pour tout le reste du séjour d’ailleurs. Quand on est photographe, c’est la lumière qui décide de tout ! Quoiqu’il en soit, notre hôte se fera un plaisir de nous réveiller et de disposer notre petit déjeuner le lendemain matin.
Jour 2 - Negombo – Anuradhapura :
premiers pas et premières lumières
















Ce matin-là, on toque à la porte et je suis réveillé par « Breakfast is ready ! ». La nuit a été courte mais l’excitation de la journée qui nous attend vaut bien 10 cafés. Pas le temps de tergiverser. Le petit déjeuner est englouti, le sac photo a été préparé la veille et j’ai même paramétré les premiers réglages. Lahiru est arrivé en avance avec son « Hello Boys » qui deviendra aussi familier qu’une bonne vieille rengaine !
6H00 : Lahiru nous conduit aux portes du parc national de Wilpattu, encore enveloppé d’une brume légère. L’air est chargé d’humidité. Nous retrouvons un guide dédié au parc et nous installons dans le bon vieux pick-up Toyota. J’adore ces véhicules. Increvables et ça passe de partout.
Confortablement assis dans la bene équipée de l’Hilux, appareils en bandoulière, téléobjectifs montés nous nous laissons bercer par les secousses de la piste tandis que la lumière naissante révèle peu à peu la savane, les lacs et les hautes herbes. Wilpattu est réputé pour être l’un des parcs les plus sauvages et des moins fréquentés du Sri Lanka. Un paradis discret pour qui aime la photo animalière et les ambiances nature brutes. Éléphants, crocodiles, baignades buffles, combats de cerfs, mangouste, singes et oiseaux de toutes sortes ponctuent la journée comme autant de rencontres furtives que nous tentons de figer dans nos capteurs.
Après une pause bienvenue, nous repartons pour la deuxième partie du safari dans l’après-midi. Je me concentre un peu plus sur la capture de paysages quand la lumière dorée s’annonce et vient effleurer les lacs et les prairies. Chaque arrêt du véhicule est une nouvelle promesse d’image : silhouettes d’arbres morts se détachant sur un ciel bleu, échassiers posés sur un tronc ou hibou attendant la pénombre. Le soir, de retour à Anuradhapura, nous nous replongeons dans les clichés du jour et réalisons que ce parc restera l’un de nos grands souvenirs de voyage nature au Sri Lanka.
Jour 3 - Safari au Wilpattu National Park :
dans le silence de la jungle
















Une fois n’est pas coutume, nous quittons notre hébergement au lever du jour, et partons explorer Anuradhapura, immense cité ancienne et capitale historique du pays. La brume matinale enveloppe les dagobas tandis que les premiers fidèles marchent pieds nus sur les dalles encore fraîches : une atmosphère idéale pour des photos de temples bouddhistes empreintes de sérénité. De Jetavana Vihara à Abhayagiri, des bassins sculptés de Kuttam Pokuna aux statues du Samadhi Bouddha, nous naviguons d’un site à l’autre, fascinés par l’échelle du lieu et par la spiritualité qui s’en dégage. Ici, chaque stupa, chaque arbre sacré, chaque ruine offre un cadrage différent, un jeu d’ombres et de lumière propice au reportage photo. Les singes sont évidemment de la partie et proposent beaucoup de scènes où l’humain et l’animale se côtoient en toute bienveillance.
L’après-midi, nous mettons le cap sur Mihintale, considéré comme le berceau du bouddhisme sri lankais. La pluie s’est invitée mais elle est la bienvenue et ne perturbe en rien la ferveur des pèlerins. L’ascension des escaliers, 1500 marches, pour certaines à peine taillées dans la roche, est rendue un peu plus glissante et la vigilance est de mise, surtout avec les précieux objectifs qui nous accompagnent. Il s’agit d’un lieu de culte, une tenue couvrante est de rigueur et le parcours se fait pieds-nus. Arrivés au sommet, la vue sur les dagobas, le Bouddha géant en haut de la colline et la forêt récompense largement nos efforts. Nous alternons entre contemplation, prises de vue panoramiques et détails architecturaux, tout en partageant ces instants de silence avec les pèlerins autour de nous. Le ciel gris, chargé et texturé rajoute encore un peu plus de mysticisme au lieux et nous repartons vers Sigiriya avec la sensation d’avoir touché du doigt une partie de l’âme du pays.
Jour 4 - Anuradhapura et Mihintale :
au cœur du triangle culturel




































À l’aube, nous quittons Anuradhapura pour Sigiriya, avec de nombreuses haltes pour saisir les paysages pluvieux. Ici la nature est présente de partout où se pose notre regard. Il suffit de quitter le bitume pour se retrouver dans une jungle humide qui semble tout droit sortie d’un film d’Indiana Jones. Malgré cette pluie battante nous faisons de nombreuses rencontres sauvages. Des rapaces perchés sur des arbres morts, des colibris en pleine dégustation de nectar et le fameux écureuil géant à la recherche de graines. Les conditions météo sont challengeantes et on shoot souvent depuis la voiture, en faisant uniquement dépasser le pare soleil, devenu pare pluie. Si la lumière n’est pas franchement au rendez-vous, cela permet néanmoins de clouer certains oiseaux sur leur branche et cela facilite indéniablement nos captures. Les cours d’eau grossissent et j’en profite pour faire une pose longue au beau milieu d’une rivière devenue boueuse et tumultueuse.
Le planning de la journée étant plus léger, notre guide Lahiru, nous propose d’en profiter pour faire une séance massage traditionnel. Un incontournable de l’île. Le rendez-vous est pris et nous avons une bonne heure à tuer avant de pouvoir nous relaxer. Ça tombe bien, sur le chemin j’ai repéré une route sinueuse bordée de flaques d’eau et je propose à Thomas une séance photo en jouant avec les reflets. Il est partant ! C’est top mais je me suis dit que ça serait aussi pas mal de rajouter un accessoire coloré. Voilà qu’apparait le parapluie multi couleur que tous les locaux semblent posséder et qui nous accompagnera pour le reste de notre périple. Arrivés sur les virages en S repérés précédemment, on se dépêche de trouver quelques angles sympas, je monte un flash, je guide mon modèle et c’est parti. Des reflets, des sauts, des tuk-tuks et même des gens qui s’arrêtent pour poser avec nous. Le temps est passé super vite et on a encore une fois passé un bon moment.
Sortis du couvert végétal, on sent que la pluie a redoublé d’intensité. Elle est lourde, dense, presque tropicale, et transforme la jungle en rideau vert. Il est plus que temps d’aller se mettre à l’abris, même si avec la chaleur ambiante, cette pluie fait du bien.
Nous arrivons finalement, trempés, au Athreya Ayurvedic Spa, avec cette envie de faire une pause détente dans notre rythme de voyage entre deux ascensions et un safari. L’endroit est ouvert de part et d’autre et on peut apprécier la nature environnante et l’esprit zen là où nos yeux se posent. Le bruit de la pluie s’est assourdi et il est remplacé par une odeur chaude d’huiles et d’épices. Nous sommes reçus par un médecin ayurvédique, le temps de remplir un court questionnaire et de choisir un type de massage en fonction de l’effet recherché. Nous choisissons tous deux un massage qui détend de la tête aux pieds, idéal pour nos corps déjà bien sollicités par les marches et les sacs photo. Le contraste était total : dehors, le déluge sur la canopée ; dedans, une lumière douce, de l’encens, des ventilateurs lents et ce calme presque irréel.
On s’est changé dans une petite cabine, puis des masseurs nous ont conduit dans la salle de bien-être. L’huile chaude sur la peau a été la première surprise : épaisse, parfumée, presque enveloppante. Le massage a commencé par le dos, lent, profond, avec cette insistance sur les épaules et les trapèzes qui portaient depuis des jours nos boîtiers photo. Je sentais chaque nœud se défaire, chaque respiration s’allonger.
Par moments, on entendait à nouveau la pluie frapper le toit, comme un fond sonore naturel qui rythmait les mouvements des mains sur le corps. Nous étions dans une sorte de bulle hors du temps : le Sri Lanka que nous photographions depuis plusieurs jours – chaud, bruyant, intense, l’esprit à l’affut pour ne rien manquer – restait dehors, et à l’intérieur nous avions juste ce moment de lâcher-prise. La tête, la nuque, puis les jambes lourdes des randonnées ont été longuement travaillées, jusqu’à ce que je ne sache plus vraiment où s’arrêtait mon corps et où commençait la table de massage.
À la fin, encore huilés, un peu flottants, on nous a proposé de nous asseoir quelques minutes, le temps de revenir doucement à nous. La pluie tombait toujours, mais elle semblait plus lointaine, presque apaisante. Quel sentiment de satisfaction ! Nous venions de découvrir un autre visage du Sri Lanka, plus intérieur, plus intime. Ce massage traditionnel au Athreya Ayurvedic Spa, au milieu d’une grosse averse, restera pour nous comme une parenthèse de douceur dans un voyage placé sous le signe de l’aventure. Ne passez pas à coté !
Il est temps de conclure cette journée. Lahiru nous conduit à notre chambre…Je devrais plutôt parler d’une bicoque perchée. Si le concept est plaisant sur le papier, il en était tout autrement sur le terrain. Dans ce type de voyage je ne privilégie pas du tout le confort et le luxe mais là, je me suis même demandé si l’escalier allait supporter le poids de nos bagages. Inutile donc de s’attarder sur cet hébergement mais sachez tout de même que la foudre est tombée non loin durant la nuit et qu’absolument tout à tremblé lors de l’impact. De quoi nous réveiller en sursaut mais, entre la fatigue et le massage quelques heures avant, on a rigolé un bon coup et on s’est rendormi aussitôt. Heureusement les 2 prochaines nuits à Passion Ray Villa & Tree Hut seront plus calmes. D’autant plus que le secteur est vraiment sympa coté resto / Bar.
Jour 5 - Pluie Tropicale sur Sigiriya et Massage Ayurvédique






Il est temps de vous parler de l’un des sites les plus emblématiques du Sri Lanka le Rocher du Lion, que nous abordons d’abord par son musée et ses jardins géométriques où quelques crocodiles prennent le soleil. L’ascension est intense, parfois à l’ombre, parfois en plein cagnard et les longues files d’attente n’arrangent rien. Chaque palier offre une nouvelle perspective sur la plaine, les bassins et la forteresse perchée. Nous nous retrouvons à la hauteur d'un local, tranquillement posé à l'ombre mais avec un curieux couvre chef. Un chapeau façon borsalino avec des paillettes. Un échange de regards, il est ok pour la photo et c'est dans la boite !
Au sommet, nous prenons le temps : le vent, la vue à 360°, les restes du palais royal. Laissez votre imaginaire vous projeter à travers le temps et ressentir l’époque du roi Kassapa. En fin de journée, nous redescendons retrouver notre guide qui nous attend sur le parking. Dès qu’il nous aperçoit il nous fait des signes pour qu’on se dépêche. Il y a quelques grey langures dans les arbres et surtout une troupe de macaques à toque dont de nombreux jeunes qui se poursuivent et s’éclaboussent dans une mare. Comment résister à capturer ses scènes épiques ?
Sur le chemin du retour, mes yeux scannent comme d’habitude, la végétation et les points d’eau à la recherche d’une belle photo à faire. La veille j’avais repéré un potentiel spot à king fisher, une des espèces locales de martin pêcheur, mais plus gros, avec un bec massif et paré de brun et de bleu électrique. Le pari est gagnant et le king fisher est posté sur le filet d’un terrain de volley-ball immergé par récentes pluies. La scène est originale et j’apprécie particulièrement la traque de ce bel oiseau.
Dans la soirée nous organisons la journée de demain autour d’un bon cocktail local et avec des amuses gueule ultra épicés. Nous ne tarderons pas trop à nous coucher car le réveil sera …nocturne.
Jour 6 - Le Rocher du Lion : Vues royales à Sigiriya
















Il fait encore nuit noire quand notre Tuk-Tuk vient nous récupérer au pied de la cabane. Nous laissons Lahiru se reposer et nous dirigeons vers Pidurangala Rock, ce promontoire voisin qui offre le plus beau point de vue sur le Rocher du Lion. Lorsque nous arrivons au pied du sentier, la foule fait déjà la queue pour s’affranchir du droit d’entrer et débuter l’ascension. Je me souviens que dès les premières minutes nous croisons une malheureuse victime d’une entorse. C’est la tuile pour elle, mais ça nous invite à la vigilance, d’autant plus que nous sommes chargés de nos sacs photos. Les escaliers irréguliers sur la première portion du parcours laissent ensuite la place à la roche, tantôt large et plate, tantôt étroite et pentue. Il faut parfois s’aider d’une corde pour franchir les obstacles et je finis même à plat ventre pour passer dans une cavité menant au sommet. La lumière du jour révèle la vallée en contre bas et nous éteignons les frontales. Le sommet accueille déjà beaucoup de monde, tous là pour admirer le lever de soleil qui s’annonce splendide. Le ciel est dégagé et une brume qui se dissipe peu à peu enveloppe le royaume vert. Le soleil surgit enfin des sommets avoisinants et je visualise déjà mes photos avant même de déclencher l’obturateur. Je monte rapidement le trépied et décide de travailler en bracketing d’exposition et en panorama avec un 70-200 F2.8. Cela me permet de d’enregistrer un maximum d’information sur le capteur en dynamique de lumière et en détail. J’assemblerai le tout en post production par la suite. Au fur et à mesure que le soleil monte dans le ciel, la brume disparait et les lumières changent très rapidement. Je me déplace donc régulièrement pour varier les différents cadrages proposés par ce superbe spot. Je me rappelle également de profiter du spectacle avec mes propres yeux et pas uniquement à travers l’objectif. Des matinées comme ça j’en voudrais tous les jours. Cette ascension et se lever de soleil resteront un des temps forts de notre voyage.
Nous retrouvons Lahiru et mettons le cap sur Dembula pour visiter le Golden Temple Dembula et nous nous attarderons plus longuement sur l’impressionnant temple troglodyte et devinez quoi…ça commence encore par une bonne série d’escalier.
En atteignant le site, on se déchausse et…le sol est brûlant. Des tapis de gazon synthétique sont disposés par endroit, mais ils sont encore plus chauds que le sol. Il s’agit d’un site prisé des touristes et la foule est importante, surtout dans certaines grottes où il faut se frayer un chemin. Heureusement il y a de nombreuses salles, toutes plus intéressantes les unes que les autres. Je fais le choix de ne pas suivre le gros de la foule et me dirige là où les visiteurs se font plus rares. Je monte un 24-70 F2.8, je réduis ma vitesse et m’autorise à monter dans les Iso. Je débruite systématiquement mes images. L’important pour moi est d’avoir du piqué dans les détails et surtout d’être net. Je déambule donc entre les différentes grottes qui regroupent 157 statuts sur plus de 2000m². Je capture également des photos de pèlerins faisant des offrandes et les fameux macaques à toque qui sont omniprésents.
Notre visite terminée, nous reprenons la route en direction de Kandy. Nous nous arrêterons sur le chemin pour découvrir les vestiges d’un temple au milieu de la jungle et là où la nature a repris ses droits. Une escale bienvenue avant d’avaler les kilomètres restant.
Nous arrivons en fin de journée à Kandy et prenons un peu de hauteur pour apprécier l’immensité de cette ville moderne qui tranche radicalement avec tous les villages que nous avons traversés jusque-là. Les grandes étendues d’eau, la nature luxuriante et les statuts de bouddhas sont toujours présentes, mais intégrées à un environnement bien plus urbain.
Avant de rejoindre notre hôtel pour la nuit, nous avons demandé à notre guide de nous réserver des places pour assister au spectacle culturel du club du lac Kandy. Véritable célébration du patrimoine artistique et culturel du Sri Lanka, c’est un incontournable pour quiconque visite la ville historique de Kandy. Créé en 1982, il s'agit du premier spectacle de danse culturelle de ce type au Sri Lanka. Il présente les divers styles de danse traditionnelle du pays sur une seule scène. Des danses énergiques de Kandy aux performances gracieuses des basses terres, le spectacle offre un voyage inoubliable à travers les anciens rituels, le folklore et le rythme du Sri Lanka. Pour saisir les photos de ce spectacle dansant, avec des sauts et autres figures, j’utilise les paramètres 1/800 F4 et iso 8000
Jour 7 - Pidurangala Rock, Dembula et Kandy




















































Le jour de full moon day aussi appelé Poya en cinghalais, correspond à chaque jour de pleine lune. C'est le jour où un bouddhiste sri-lankais pratiquant se rend dans un temple pour accomplir des rituels religieux. Il y a 13 ou 14 Poyas par an. Le terme Poya dérive du pali et du sanskrit uposatha (de upa + vas « jeûner »), signifiant principalement « jour de jeûne ». Hasard du calendrier, nous avons eu la chance d’assister à ces cérémonies au Temple de la Dent. Il y régnait une atmosphère absolument unique, portée par une ferveur palpable. Dès notre arrivée à Kandy, nous avions senti que la ville vibrait autrement : plus dense, plus silencieuse par instants, comme suspendue autour de ce moment sacré. À l'intérieur du temple, la foule compacte avançait lentement en procession et stagnait par moment dans l’attente de certains rites, tandis que les offrandes, les fleurs et les chants donnaient à la scène une intensité rare. J'ai capturé de superbes portraits de fidèles en prière, ainsi que des scènes d'offrande où les mains délicates déposaient lotus et bols de riz devant les autels dorés. Nous avons aussi croisé des centaines d’enfants en sortie scolaire, tous vêtus en uniforme blanc impeccable, riant et apprenant les gestes ancestraux sous l'œil attendri de leurs professeurs – un moment touchant qui a enrichi nos images d'une spontanéité pure.
Après cette parenthèse de recueillement, nous avons pris la route vers les plantations de thé, et le contraste a été saisissant. Les collines se sont couvertes de vert, les rangées de théiers dessinaient des courbes parfaites à perte de vue, et l'air semblait soudain plus léger. Nous avons traversé ces paysages avec cette sensation d'entrer dans une autre facette du Sri Lanka, plus douce, plus paisible, mais tout aussi photogénique. Entre les cueilleuses à l'ouvrage, les brumes accrochées aux reliefs et la lumière changeante sur les plantations, nous avions devant nous un décor idéal pour prolonger l'émerveillement de cette journée. Nous avons également fait une visite guidée dans une fabrique, l’occasion de comprendre la chaine de fabrication, de découvrir les machines antiques encore utilisées et surtout de ramener des souvenirs parfumés.
En fin de journée nous nous dirigeons vers Nallatanniya pour aborder le défi que je redoute depuis la planification même de ce voyage… À mesure que nous approchons de Nallathanniya, la route se fait plus étroite et sinueuse. La lumière baisse lorsque nous arrivons au pied du légendaire Adam’s Peak.
L’atmosphère a changé : hôtels simples, commerces dédiés aux pèlerins, ambiance de « base camp » avant l’ascension. À Hugging Clouds, notre guesthouse, nous prenons un bon repas calorique et une soupe pour nous réchauffer puis nous préparons nos sacs pour la nuit : frontales, vêtements chauds, gants, bouteilles d’eau, barres énergétiques et, évidemment, notre matériel photo prêt pour un lever de soleil sur la montagne. Ce soir-là, je me couche tôt, avec l’excitation qui précède les gros évènements et surtout cette question : vais-je atteindre le sommet ?
Jour 8 - Full Moon Day et Plantations de thé








































Aux alentours de 1h du matin, nous quittons la guesthouse, harnachés comme pour une expédition. La montée du Pic d’Adam commence dans le noir, à la lueur de nos lampes et de celles des pèlerins qui forment un long ruban lumineux vers le sommet. 5 500 marches, 1 000 mètres de dénivelé : c’est le challenge du jour et à plus d’un titre. Si l’objectif principal est d’atteindre le sommet, nous souhaitons également y arriver suffisamment tôt pour profiter du lever de soleil. Très vite, la marche se transforme en cadence régulière, presque méditative, ponctuée de haltes pour souffler, sourire et prendre quelques clichés de cette ligne d’humanité qui grimpe dans le silence. Pour un photographe de voyage, l’exercice est délicat : concilier effort physique et envie de documenter chaque instant, tout en respectant l’intimité des pèlerins. Lorsque les premières lueurs du jour apparaissent nous sommes mal positionnés, trop bas et dans un virage mal orienté. Le temps est désormais compté et nous montons les marches en courant, parfois en empruntant le « sens interdit » pour espérer trouver un endroit dégagé d’où photographier le lever de soleil. Quelques centaines de mètres plus loin ce sera chose faite. Le spectacle vaut clairement l’effort fourni mais il nous reste encore à atteindre le sommet pour être totalement comblés. Le jour levé, nous reprenons notre ascension et il est plus facile de capturer les marcheurs, les bras chargés d’offrandes et parfois sans chaussures. Nous échangeons des sourires, parfois quelques mots et nombreux sont ceux qui nous réclament des photos souvenirs. Une véritable aubaine pour nous. Nous atteignons enfin le sommet et nous retrouvons dans un goulot d’étranglement. Les autres voies conduisant au pic se rejoignent toutes en un parcours permettant d’accéder à la relique d’Adam’s Peak. Cette relique aux origines multiples fait de ce sommet un lieu saint pour les hindous et les bouddhistes sri-lankais qui y font pèlerinage, mais également pour les musulmans. Les hindous du Sri Lanka voient dans l'empreinte la trace du passage de Shiva. Les bouddhistes de l'île croient que c'est là l'empreinte du pied (le gauche, précisent certains) de Bouddha (buddhapada). Selon une croyance locale, le Buddha aurait volé à travers les airs d'Inde au Sri Lanka, où il serait descendu dans le but d'y enseigner le Dharma. Selon les sri-lankais, il s'agirait là de sa troisième visite dans l'île. Pour les musulmans il s'agit de l'empreinte que laissa Adam, lorsqu'il sortit du Jardin d'Éden et posa le pied sur l'île de Ceylan, symboliquement très proche du Paradis. De là, le nom de la montagne : pic d'Adam. On en retrouve des références dans la littérature moyenne-orientale, notamment dans les Voyages de Sinbad le marin, un des nombreux récits qui composent Les Mille et Une Nuits. En littérature islamique, il peut être assimilé au mont Nawdh (نوذ) ou Nudh, parfois situé en Inde.
Nous prenons le temps de contempler la vue depuis le point le plus haut et mesurons le succès accompli. Cette ascension était vraiment l’inconnu de ce voyage et l’avoir achevé est une réelle satisfaction. Nous entamons à présent la descente, avec des jambes…chancelantes en ce qui me concerne. Ça serait bête de se faire une entorse alors qu’il reste encore tant à voir.
Nous retrouvons finalement le pied du sommet et avons découvert le chemin parcouru de nuit. Désormais les nombreuses échoppes sont ouvertes, et les passants sont nombreux. La ferveur de la nuit a laissé la place à la flânerie des locaux et des touristes. Avant de retrouver Lahiru à notre guesthouse, nous faisons une halte imprévue par la gare routière où sont stationnés les superbes bus sri-lankais pimpés jusqu’à l’os. De vrais arc-en-ciel sur roues avec une sono capable de vous décoller les tympans. Ces bus locaux, sont des monstres de la route et filent à vive allure, klaxonnant joyeusement dans un chaos organisé. Ces engins ne sont pas de simples véhicules de transport : ce sont des œuvres d'art roulantes. Chaque carrosserie est un manifeste créatif où la peinture criarde défie les lois de l'harmonie chromatique : roses fluo, bleus électriques, jaunes solaires et verts émeraude se télescopent en motifs géométriques audacieux. Les flancs s'ornent de sculptures en 3D – dragons crachant des flammes stylisées, paons déployant leurs queues scintillantes, lotus épanouis en relief argenté. Sur le pare-brise avant, des noms évocateurs tracés en lettres Bollywood : « Super Star », « Magic Speed », « King of the Road ». Et toujours, omniprésents, ces yeux gardiens contre le mauvais-œil peints de chaque côté du pare-chocs, censés repousser djinns et mauvais esprits. À l'intérieur, c'est encore plus délirant. Quand on monte à l’intérieur, on ne sait pas où poser son regard. Des guirlandes de lumières LED clignotent au rythme des basses, des tapis de velours brodés de motifs hindous ornent le sol, des haut-parleurs diffusent du baïla endiablé à pleins tubes. Le chauffeur, fier tel un roi, arbore souvent une couronne de fleurs ou une écharpe brodée. Certains modèles arborent même des miroirs de rétroviseur décorés de perles, de pompons et de petits Bouddhas oscillants. Nous avons profité de cet arrêt prolongé pour en photographier un de près. Dans un pays où la route est un spectacle permanent, ces bus apportent leur contribution éclatante au décor national. Ces découvertes fortuites nous ont offert quelques-unes de nos meilleures photos de street-photography : silhouettes de passagers entassés derrière les vitres décorées, reflets chromés dans les flaques de la mousson, trains de bus se suivant en file indienne sur fond de palmiers.
Dans l’après-midi, nous reprenons la route vers Nuwara Eliya. Plantations de thé, cascades comme St Clair et Devon Falls, usines de thé comme le Mlesna Tea Castle : chaque arrêt est l’occasion d’immortaliser des scènes de travail, des champs parfaitement dessinés, des maisons colorées accrochées aux collines. Lorsque nous arrivons dans la « petite Angleterre » du Sri Lanka, souvent noyée dans la brume, nous bouclons la journée par un tour du lac Gregory, jouant avec les reflets et les maisons aux toits colorés.
Jour 9 - Adam’s Peak - Nuwara Eliya :
5 500 marches et brume anglaise




















Après une nuit paisible non loin du lac Gregory, bercés par la fraîcheur anglaise de Nuwara Eliya, nous nous levons tôt pour rejoindre la petite gare de Nanu Oya, point de départ de l'un des trajets en train les plus mythiques du monde. Avant de partir, nous confions nos sacs à dos à Lahiru : il fera la route en voiture et nous récupérera à Ella en fin d'après-midi. Chacun ne garde qu'un boîtier en bandoulière avec un objectif monté, 24-70mm pour moi. Il sera parfait pour les paysages et les portraits– prêts à mitrailler sans contrainte. Le train bleu iconique nous attend sur le quai encombré de locaux et de voyageurs. Nous grimpons en dernier dans un wagon de 2e ou 3e classe afin de nous positionner stratégiquement près des portes ouvertes.
La journée est ensoleillée, le ciel bleu gris est parsemé de nuages apportant de la texture. Les nombreuses éclaircies font ressortir les verts intenses des collines. Dès que le train s’ébranle dans un grincement annonciateur d’aventure, le spectacle explose : plantations de thé ondulant à perte de vue sur notre droite, vagues émeraude parfaites grimpant les pentes escarpées, parsemées de cueilleuses aux saris vifs scintillant sous le soleil. Le convoi serpente, siffle dans les tunnels étroits et sombres, offre des vues plongeantes sur vallées verdoyantes et cascades scintillantes. Nous alternons les prises de vue entre paysages à 24mm et zooms sur les visages émerveillés des passagers sri lankais. Si votre appareil est doté d’une stabilisation, c’est le moment où jamais d’en profiter. Le train bouge et je me penche très régulièrement à l’extérieur pour photographier la bête de fer en me tenant d’une main. Pour limiter au maximum le flou de bouger je me mets en manuel à 1/1000s, Iso auto et j’alterne entre des ouvertures à F2.8 pour du portrait et F8/10 pour des scènes de paysage.
Parmi la foule, deux touristes russes attirent mon œil : accrochées au chambranle des portes ouvertes, elles se penchent dans le vide, cheveux fouettés par le vent, regards perdus dans le panorama verdoyant. Scène irrésistiblement photogénique : silhouettes dynamiques sur théiers baignés de lumière, mouvement du train, éclats solaires. Les rafales s’enchainent, j’active la détection du sujet humain, collimateur sur les yeux. Je capture ces scènes originales et imprévues…je suis satisfait. Les locaux sourient, on échange des regards, ils comprennent le projet photographique et se prêtent également à la pose.
Le trajet dure 3-4 heures, mais le temps file. À chaque arrêt j’en profite pour descendre du train et monter dans un autre wagon pour obtenir d’autres portraits et surtout photographier Thomas en laissant un wagon entre nous. Les places près des portes sont chères et il faut parfois jouer des coudes. Franchissant le dernier viaduc au-dessus d’une vallée profonde, Ella apparaît nichée dans ses collines. En fin d'après-midi, Lahiru nous attend pile à l’heure sur le quai. Nous lui avons confié nos précieux objectifs en toute confiance et sommes heureux de les retrouver.
Nous traversons Ella en voiture et notre guide nous indique les endroits sympas qu’il nous recommande pour notre excursion nocturne. Nous arrivons finalement à destination et nos hôtes du Rainbow Sky Cottage nous accueillent chaleureusement, sourire aux lèvres et thé glacé à la main. C’est précisément pour sa superbe vue panoramique que nous avons choisi cet hébergement : perché sur les hauteurs, ce petit cottage dispose d’une terrasse suspendue au-dessus du vide avec une vue sur les collines verdoyantes d’Ella Rock et les vallées infinies, avec la lumière dorée du soir qui embrase tout le décor. Nous nous reposons enfin, jambes étirées après le train, appareils posés à côté de nous, savourant ce panorama qui justifie à lui seul le détour. En contrebas, un train de marchandises passe lentement sur les rails, son sifflement lointain résonnant dans la vallée comme un écho parfait à notre propre voyage. Nos hôtes nous mettent également en garde contre les singes chapardeurs. Peu de temps avant notre arrivée, des macaques ont cassé une ligne électrique privant notre hébergement de courant. Le temps d’apprécier la vue et de discuter avec le personnel du cottage et le problème est résolu.
Nous libérons Lahiru pour la nuit – il mérite bien une pause après ces jours intenses. Nous commandons un tuk-tuk pour descendre découvrir Ella by night. La descente est rapide, vent frais dans les cheveux, et nous plongeons dans l’ambiance animée de la petite ville backpacker. Restos et bars foisonnent le long de la rue principale : curry frais dans des jardinets éclairés aux guirlandes, cocktails à base d’arrack dans des spots bohèmes, pizzas fusion pour les estomacs occidentaux. Nous choisissons un restaurant qui nous plait et commandons des plats locaux, allégés en épices. Thomas, adepte du « low spicy » va encore en prendre pour son grade. Le plat est délicieux, le cocktail est frais, mais les gouttes de sueurs perlent très vite sur son front. La chaleur ambiante ajoutée à la puissance des épices seront les partenaires de tous ses repas. Je ne peux me retenir et éclate de rire quand je le vois lutter pour finir ses plats. Nous mettons fin à sa souffrance et retournant déambuler dans les rues d’Ella. L’ambiance est agréable, mélange parfait de voyageurs européens, australiens et locaux souriants. Beaucoup de touristes se promènent, les boutiques de souvenirs débordent de saris, de statuettes Bouddha, de thé en vrac et masques traditionnels – nous flânons, négocions aussi, et capturons quelques street-photos sous les néons.
Le retour en tuk-tuk se transforme en mini-rallye : notre pilote fonce sur une route étroite, sinueuse, parfois défoncée par les pluies récentes, klaxonnant joyeusement dans les virages serrés. Les phares balaient les bas-côtés, on rit nerveusement agrippés aux barres avec nos sacs photos sur les genoux, tandis que le moteur hurle en reprenant de la hauteur. Le tuk-tuk décoré sur le thème d’Iron Man ne fait que rajouter de l’excentricité à cette course psychédélique. Arrivés au Rainbow Sky Cottage, bien secoués mais hilares, nous grimpons au balcon pour un dernier verre face aux étoiles naissantes sur la vallée. Ella s’endort doucement en contrebas, et nous avec elle, prêts pour les découvertes du lendemain.
Jour 10 - Ella : le mythe ferroviaire












































Ce matin-là, nous décidons de commencer la journée par le pont aux neuf arches, avant même de partir randonner. La lumière est encore douce quand nous arrivons et nous arpentons les rails, guidés par Lahiru. L’endroit est déjà bien animé : photographes, couples, groupes de backpackers se sont postés un peu partout sur les hauteurs et le long de la voie. Nous nous trouvons un spot légèrement en retrait, avec une vue dégagée sur le viaduc, prêts à capturer l’instant que tout le monde attend.
Quand le train finit par apparaître au loin, un léger frisson parcourt la foule. Il avance lentement et marque un arrêt sur le pont, et là, c’est littéralement l’assaut : les touristes se ruent hors des wagons, se positionnent sur les marches et les rebords, sortent smartphones et perches à selfies. Certains posent au bord du vide, d’autres s’installent en plein milieu des rails, bras levés, sourire vissé au visage. De notre côté, nous essayons de composer avec ce chaos joyeux : silhouettes colorées alignées sur la courbe de pierre, contraste entre la majesté du viaduc et ce théâtre humain moderne. Ce n’est pas la scène épurée que nous avions imaginée, mais c’est un moment à part, terriblement vivant, qui raconte aussi le Sri Lanka touristique d’aujourd’hui.
Après notre passage au pont aux neuf arches, nous reprenons la route en direction de Little Adam’s Peak, le « petit frère » du Pic d’Adam que nous avions gravi quelques jours plus tôt. Impossible de ne pas faire le parallèle : là-haut, à Adam’s Peak, nous avions affronté 5 500 marches en pleine nuit pour assister à un lever de soleil mystique au milieu des pèlerins, guidés par les guirlandes de lumières et les chants qui montaient dans l’obscurité. Ici, le décor est différent, plus accessible, mais l’esprit de randonnée reste bien présent.
Le ciel est couvert, l’atmosphère lourde, presque électrique. Le sentier étroit menant au sommet oblige d’abord à suivre le rythme des marcheurs qui nous précèdent, mais la pluie, d’abord fine puis plus insistante, finit par en décourager une bonne partie qui font demi-tour. Peu à peu, le flot se dilue, les voix se taisent, et nous nous retrouvons dans une ambiance plus sauvage, plus conforme à ce que nous étions venus chercher. Le long du chemin, nous croisons de nombreux caméléons, aux couleurs changeantes, oscillant du vert vif au brun, se confondant avec les branches et les feuilles. Ils deviennent vite un jeu à part entière : les repérer, s’approcher doucement, caler la mise au point sur leur œil vif, déclencher sans les effrayer.
Au sommet, la vue nous cueille d’un coup. La vallée s’ouvre sous nos pieds, les collines se succèdent en vagues sombres, et des nuages bas restent accrochés aux reliefs comme si la terre transpirait. Le ciel est gris, percé par endroits de fenêtres lumineuses qui éclairent des pans de montagne. Dans ces conditions, la simple photo de paysage ne me suffit pas. Je mets mon boîtier en vertical, monte le 70–200mm que j’adore pour son piqué, ferme le diaphragme, puis je balaye lentement la scène de gauche à droite en deux ou trois bandes. Je sais déjà que j’assemblerai ces images en post-production pour créer un panorama ultra résolu, au format que je veux, capable de rendre justice à cette profondeur de paysage et à cette lumière dramatique.
Lorsque la pluie se renforce et que les nuages avalent progressivement la vue, nous redescendons rapidement retrouver Lahiru pour notre prochaine escale : les Ravana Falls, situées en contrebas de la route principale, à quelques kilomètres seulement de la ville. Les pluies des jours précédents ont gonflé la cascade : au lieu d’un simple filet d’eau, c’est un véritable mur liquide de plus de vingt mètres qui se jette sur les rochers, soulevant une fine bruine qui nous colle au visage. La roche sombre, saturée d’humidité, contraste avec le vert éclatant de la végétation qui encadre les chutes, et le grondement de l’eau couvre presque le bruit de la route. Nous nous frayons un passage entre quelques échoppes et des familles venues se rafraîchir, le temps de faire quelques images serrées sur les détails de l’eau en pose rapide, puis quelques vues plus larges pour montrer cette puissance brute. Ici votre meilleur allié sera un chiffon pour essuyer votre objectif de la bruine
Quelques kilomètres plus-tard, Lahiru freine brusquement en criant « Hey boys », les yeux rivés sur le bas-côté. Un éléphant vient de sortir du vert, massif, silencieux, et s’avance lentement vers la route. Lahiru sait notre goût pour les scènes prises sur le vif, surtout quand la faune s’en mêle. Avec Thomas, nous descendons de la voiture sans trop réfléchir, de peur que l’animal disparaisse avant que nous ayons le temps de déclencher. Mais l’éléphant n’est pas du tout craintif. Au contraire, il semble presque curieux, nous observant calmement.
Le sol est détrempé, constellé de flaques. L’animal gratte la terre humide, soulève la boue avec sa trompe et s’en asperge généreusement en se frottant les pattes. C’est évidemment l’action à capturer. Nous composons avec la contrainte d’une clôture électrifiée qui nous sépare de lui, veillant à ne pas nous y frotter par inadvertance. Au bout d’un moment, las de devoir intégrer systématiquement cette ligne disgracieuse dans mes cadrages, je décide de passer en dessous pour me positionner du même côté que l’éléphant, tout en gardant une distance raisonnable.
Dès qu’il m’aperçoit, l’éléphant s’approche tranquillement, sans signe d’agressivité. Il est juste curieux. La prudence est de mise mais je suis happé par le moment et je suis littéralement focus sur ma prise de vue : j’ai devant moi un animal sauvage, à quelques mètres, dans son élément. L’envie de m’approcher d’avantage, presque de tendre la main, est forte, mais je reste lucide sur la puissance qu’il représente. Je garde donc un périmètre de sécurité, entre respect et frustration. De toute façon, Thomas est là pour me rappeler à l’ordre, fidèle à son rôle de Saint et veille à ce que l’adrénaline ne prenne pas complètement le dessus sur la raison. Pendant quelques minutes suspendues, nous ne sommes plus que trois dans ce décor humide : lui, nous et cet éléphant qui se couvre de boue, comme si le monde autour pouvait bien attendre.
En reprenant la route vers le sud, les montagnes laissent progressivement place à des paysages plus ouverts, annonçant la savane d’Uda Walawe. En fin de journée, nous arrivons au Nil Bawana Nature Resort, une petite adresse perdue au milieu de la verdure, à une dizaine de kilomètres seulement de l’entrée du parc national. Quelques bungalows simples sont disséminés dans un grand jardin, où l’on entend déjà les grillons et les premiers oiseaux du soir. Nous posons enfin nos sacs, savourons le calme de l’endroit et réalisons que le décor a totalement changé : demain, ce ne seront plus les collines de thé ni les ponts ferroviaires, mais les éléphants et la lumière rasante des pistes rouges qui rempliront nos cartes mémoire.
Jour 11 - Pont mythique, Little Adam’s Peak et Eléphant joueur






















Au premières lueurs du jour, nous partons en safari à Uda Walawe, encore enveloppés par la fraîcheur du matin. À peine engagés sur la piste rouge, nous tombons déjà sur un éléphant massif, immobile au milieu du chemin, comme s’il nous souhaitait la bienvenue dans son royaume. Très vite, le soleil se lève et inonde tout d’une lumière dorée qui transforme la moindre poussière, la moindre branche et la moindre silhouette en scène de carte postale.
Le parc s’éveille peu à peu autour de nous. De nombreux oiseaux sont déjà posés sur les branches et font leur toilette, offrant des scènes faciles à saisir. Nous enchaînons les guêpiers, les calaos de Malabar, les perruches, les rapaces et les tantales indiens, sans oublier les varans et les crocodiles qui se fondent dans les berges et les points d’eau. Ici, la faune est partout, et chaque détour de piste réserve une nouvelle rencontre.
Mais à Uda Walawe, les véritables rois restent les éléphants. Nous en croisons une quantité impressionnante, parfois à quelques mètres seulement de notre véhicule. L’un d’eux nous offre même un spectacle mémorable en se couvrant de terre sur le dos et la tête pour se protéger de la chaleur. Sous ce soleil fort, le geste est à la fois rustique, puissant et fascinant. Nous restons longtemps à observer ces géants paisibles, hypnotisés par leur calme et leur présence.
En fin de journée, nous quittons le parc avec la sensation d’avoir passé la journée au cœur d’une nature généreuse et vivante. Les abords du parc prolongent encore cette ambiance sauvage et nous prenons le temps d’immortaliser des phacochères et des buffles qui se prélassent dans les nombreuses étendues d’eau. Sur la route de notre prochaine destination, les éléphants nous accompagnent jusqu’au bout du trajet, sortant parfois de la jungle pour se nourrir au bord de la route, attirés par quelques bananes offertes par les touristes. Nous n’avons même plus besoin de demander à Lahiru de s’arrêter. Il sait que nous sommes friands de ce genre de rencontre. A chaque fois que nous croisons un éléphant, nous descendons de voiture et nous nous approchons des pachydermes pour leur tirer le portrait. C’est en même temps l’occasion de se dégourdir les jambes car les périodes de roulage sont parfois longues.
Plus loin sur la route, Lahiru s’écrie : « Boys, look, a tusker ! » Moi qui somnolais à l’arrière, je me redresse en sursaut et cherche l’éléphant. Je n’en crois pas mes yeux. Un énorme mâle, avec de sublimes défenses, sort du bois avec une nonchalance presque royale. Ni une ni deux Lahiru s’arrête sur le bord de la route et nous sautons de la voiture. Notre guide baisse sa fenêtre et nous met en garde de ne pas trop nous approcher, de peur que nous nous fassions attraper. Nous commençons alors à photographier le roi de la jungle en restant derrière la clôture électrifiée. Je me contorsionne pour trouver un angle me permettant de cadrer l’éléphant sans les fils électriques, et je récolte au passage deux belles châtaignes, bien agréables. Mais très vite, je cède à l’envie de me rapprocher du roi et d’éliminer cette clôture entre nous. Je passe donc de l’autre côté. Cette fois, c’est Thomas qui me dit de faire attention. J’ai une idée en tête : je veux montrer la stature impressionnante de l’animal. Je mets mon boîtier en mode portrait, déploie mon écran orientable, et m’accroupis devant l’éléphant. Il m’observe, puis vient à ma rencontre. Tout en gardant ma position, je dois reculer pour maintenir une bonne distance.
Lahiru nous a rejoints et regarde la scène sans être totalement rassuré. De mon côté, je m’efforce de cadrer l’animal en mouvement et jette un œil de temps en temps derrière moi pour ne pas tomber en reculant. Je sais que mon binôme garde un œil sur moi, et je ne me sens pas en danger. L’animal, par ailleurs, ne montre aucune agressivité : seulement de la curiosité. Quand je pense avoir bien travaillé, je me remets en sécurité de l’autre côté de la clôture, avec la satisfaction d’avoir capturé un moment rare, intense et complètement habité par la présence de ce géant. Le Sri Lanka offre des scènes de vie sauvage à couper le souffle même en dehors des parcs.
Boosté par cette rencontre, nous remontons en voiture pour boucler les kilomètres restant. Notre guide nous conduit directement vers notre prochain lieu de villégiature, situé juste à l’entrée du prochain parc : le Yala Jungle Haven. Accessible uniquement par une piste défoncée, Lahiru doit déposer sa voiture sur un parking et notre chauffeur-guide du parc vient nous récupérer avec un 4x4. Nous chargeons les valises dans la benne et quittons le bitume pour nous enfoncer dans la jungle, tout phares allumés. Le Yala Jungle Haven nous accueille dans une ambiance sauvage, à mi-chemin entre le bivouac et le lodge. Nous installons nos affaires dans la chambre et faisons vite connaissance avec les habitants déjà présents... des rainettes brunes, accrochées aux murs grâce à leurs ventouses, parfaitement indifférentes à notre arrivée. Je prends une douche, toujours accompagné des batraciens, puis je rejoins les autres pour un repas au coin du feu. La chaleur est pesante et les épices bien présentes, pas de doute, nous sommes bien dans une jungle au Sri Lanka. Nos hôtes sont très sympas, nous plaisantons ensemble et nous racontons notre journée en découvrant nos photos. Le repas terminé, je prends mon sac photo et un trépied et décide de m’éloigner du rocher plat sur lequel nous avons diné. J’arrive finalement dans une clairière et tente quelques photos de voie lactée, comme un dernier clin d’œil silencieux à cette journée dense, vibrante et totalement habitée par la vie sauvage.
Jour 12 - Uda Walawe - Tissamaharama : éléphants et pistes rouges








La 13ème journée commence dans le noir le plus total, à l’heure où le jour n’a pas encore décidé de se lever. Nous petit-déjeunons presque en silence, encore à moitié endormis, avec cette excitation particulière des jours de safari où l’on sait que la lumière et les animaux vont très vite prendre le relais. Le thé est brûlant, les gestes sont encore lents, mais nos sacs sont déjà prêts et nos boîtiers attendent sagement, chargés et réglés pour l’action.
Peu après, Lahiru arrive, fidèle au poste, avec le guide du parc dans son pickup aménagé. Le véhicule a tout de suite ce parfum d’aventure : un vrai poste d’observation roulant, pensé pour la piste, la poussière et les rencontres imprévues. Nous embarquons promptement, impatients de quitter la route pour nous enfoncer dans un nouveau parc et partir à la rencontre des animaux qui l’habitent. Mais avant de pouvoir sillonner les pistes du parc, nous devons venir à bout d’une longue file de véhicules attendant l’ouverture du parc. Le jour commence tout juste à poindre quand nous prenons enfin la piste, encore pleins de cette énergie fébrile qui précède toujours les plus belles observations.
Dans ces premières minutes, tout paraît possible. Nous guettons déjà les silhouettes qui pourraient surgir de l’ombre, les premiers oiseaux posés sur les branches nues, les traces laissées dans la terre humide. C’est exactement ce que nous aimons dans ce genre de départ : cette sensation de basculer du quotidien vers l’inattendu, avec l’impression que la nature, elle aussi, nous attend quelque part au bout du chemin.
Nous rencontrons tout d’abord des crocodiles encore engourdis, cherchant les premières chaleurs du jour pour se réchauffer sur les berges. Puis, peu à peu, le parc s’éveille : les oiseaux entrent lentement en action, les grands paons déploient leurs silhouettes élégantes, les guêpiers colorent l’air de leurs vols rapides et les rapaces prennent de la hauteur au-dessus des arbres. Sur les plans d’eau, déjà animés, buffles, hérons et tantales se prélassent et chassent dans ce décor, souvent bordé d’arbres morts immergés qui lui donnent une allure presque irréelle.
Notre guide du jour est en contact permanent avec les autres guides du parc, car chacun concentre ses efforts sur la grande obsession de la journée : trouver le fantôme des lieux, le léopard. Quand le premier signalement tombe, tout s’accélère d’un coup. Nous nous accrochons fermement à nos sièges et à nos appareils photo tandis que notre véhicule avale littéralement les trous de la piste jusqu’à rejoindre la horde de 4x4 déjà massée sur place. Les guides jouent des coudes pour offrir à leurs passagers le meilleur angle possible, tous rivés sur le félin. Quand nous parvenons enfin à l’apercevoir, il est tapi sous le couvert végétal et nous n’en distinguons que le dos. Ce n’est clairement pas l’idéal, mais nous devons saisir cet instant. Peut-être que nous n’aurons pas mieux. Tant bien que mal, nous essayons de faire la mise au point sur un animal vu de dos, à travers une végétation si dense que l’appareil photo fait parfois le point sur les feuilles avant lui.
Nos guides nous proposent alors de poursuivre la découverte du parc et de revenir plus tard tenter d’obtenir de meilleures photos. Quitter ce léopard embusqué est difficile, mais nous faisons confiance à leurs conseils et repartons sur les pistes poussiéreuses. Nous avons encore beaucoup d’hectares à explorer. Plus loin, nous rencontrons un oiseau tisserin à tête jaune en plein ouvrage et s’afférant à cueillir des brins de végétation pour construire son nid. Les daims, éléphants et mangoustes se succèdent ensuite, et bien que les rencontres soient nombreuses, aucune n’efface vraiment le léopard de nos esprits et l’espoir de le revoir. Nous enchaînons les belles captures, mais je garde le fantôme en tête et je guette sans cesse le téléphone du guide, à l’affût du message qui relancerait la traque.
Les heures défilent, et les éléphants confirment qu’ils sont ici les véritables maîtres des lieux. Nous en croisons des dizaines, des femelles avec leurs petits, des solitaires, et même un bébé tusker, trop mignon avec déjà de longues défenses pour son âge. Il deviendra sans doute un très beau mâle. Nous faisons ensuite une pause en bord d’océan, dans un espace organisé où tous les véhicules se regroupent pour déjeuner et souffler un peu avant de reprendre le safari. Je tente de me reposer, mais je guette avec impatience le signal qui nous fera remonter dans le 4x4.
Après une heure d’attente interminable, nous repartons enfin. Un grand éléphant solitaire nous barre rapidement la route. Il se tient au milieu de la piste rouge, face à nous, et s’approche paisiblement. Dans un respect total de l’animal, notre chauffeur enclenche aussitôt la marche arrière et lui laisse le champ libre. Les paysages continuent de défiler, superbes, et nous nous attardons sur un étourneau des pagodes en plein lustrage de plumes. Plus loin, c’est un couple de calaos de Malabar et des ibis à tête noire que nous parvenons à capturer. Le temps file encore, et nous croisons de nombreux varans, pigeons verts, perruches et coucous avant que la lumière commence à décliner.
Au détour d’un virage, nous apercevons un éléphant tout en haut d’un rocher. La lumière est encore dure, et le mieux est d’en tirer une silhouette en contre-jour. Je sais déjà que je verrai plus tard en post-production ce que je peux tirer de ce cliché, mais sur le moment la scène me plaît énormément : un simple contour sombre perché dans le décor, presque sculptural.
Les paysages continuent de défiler, superbes. Le parc ne cesse de nous offrir des tableaux changeants, et alors que la lumière commence à décliner, je fais aussi quelques photos de paysage, car Yala vaut autant pour ses cartes postales que pour sa faune. Les ombres s’allongent, les couleurs se réchauffent, et les points d’eau deviennent de plus en plus beaux à mesure que le soleil descend.
La fin du safari approche, et malgré toutes les belles rencontres de la journée, je garde un petit goût amer du peu de photos de léopard que nous avons réussi à faire. C’est le jeu de la photographie animalière : rien n’est jamais gagné d’avance, la chance joue autant que l’œil et la patience. Nous quittons le parc avec des cartes mémoire bien remplies, mais avec cette envie tenace d’un deuxième face-à-face, plus net, plus franc, avec le fantôme de la jungle.
De retour au Yala Jungle Haven, à la nuit tombée, nous nous regroupons autour du feu de camp en attendant que le repas soit servi. Le crépitement du bois, la fatigue accumulée et les visages encore marqués par la poussière du safari donnent à ce moment une douceur particulière, presque suspendue. C’est l’heure du débrief de la journée, et avec Thomas nous en profitons pour ajuster la suite du séjour. Nous décidons de ne pas visiter le parc de Bundala ni la réserve ornithologique de Kalametiya : ces espaces sont réputés pour les oiseaux, mais nous estimons avoir déjà été très bien servis lors de nos safaris.
Le reste de notre séjour sera donc d’avantage orienté vers la culture et la visite de villes comme Tissamaharama dès le lendemain. De toute façon, au Sri Lanka, la nature est omniprésente, et nous avons bien compris que certaines de nos plus belles rencontres se sont faites en dehors des grands parcs naturels. La suite du programme étant désormais fixée, nous passons à table, savourant ce dîner simple, copieux et chaleureux dans cette ambiance de bout du monde.
Une fois rassasié, je quitte le feu de camp pour me faire à nouveau plaisir en photographiant la voie lactée, avec mon 20 mm f/1.4 et un trépied. Loin des conversations, la nuit est presque totale et le ciel offre une fenêtre parfaite sur les étoiles. En rentrant dans ma chambre, je pose enfin mon lourd sac à dos, mais il me reste encore assez d’énergie pour explorer les environs. Les rainettes sont très nombreuses, mais j’entends d’autres bruits et j’ai bien envie de savoir de quoi il s’agit. Je monte donc un flash et le 24–70, puis pars regarder de plus près dans les arbres bordant nos habitations et dans les trous creusés un peu partout.
Je trouve d’abord un lézard de la même couleur que la branche sur laquelle il se trouve, presque invisible sans un œil attentif, puis des geckos sur toutes les façades. En explorant un trou dans lequel j’ai vu du mouvement, je découvre un Damon medius, un insecte impressionnant dont la forme des pattes n’invite pas du tout à la manipulation ; il est pourtant inoffensif pour l’homme et se nourrit d’insectes plus petits que lui. Toujours intrigué par le bruit assourdissant que je n’ai pas encore identifié, je reprends ma quête en avançant lentement, en essayant de me diriger vers la source du vacarme. Mes yeux balayent le sol sans rien distinguer. Je choisis alors un autre angle et couche la tête presque au ras du sol pour repérer ce qui se détache du relief. Bingo : j’ai enfin localisé la source de ce bruit phénoménal.
Sans être expert, il s’agit d’un crapaud nain du Sri Lanka, si minuscule que je comprends immédiatement pourquoi il était si difficile à voir ; il se fond parfaitement dans le sol et n’est pas plus gros que mon pouce. Le mystère résolu, je peux enfin prendre une douche bien fraîche en compagnie des rainettes et préparer la valise pour le lendemain. Cette fin de soirée résume bien l’esprit du voyage : un mélange de safari, de curiosité nocturne et de petites découvertes inattendues jusque dans l’ombre de notre lodge.
Jour 13 - Yala National Park où la traque du fantôme








Nous quittons l’humidité et la torpeur du Yala Jungle Haven pour mettre le cap sur la côte sud de l’île, avec déjà en tête les lumières de fin de journée et les arrêts photo qui pourraient surgir au détour de la route. Très vite, je demande à Lahiru de stopper le véhicule. Un groupe d’oiseaux s’agite dans les branches. Ce sont des kingfishers white throated (à gorge blanche) du Sri Lanka. L’un d’eux est posé sur une branche qui semble presque suspendue dans le vide, comme une balançoire naturelle. Avec l’arrière-plan lointain et grâce à une grande ouverture, le fond sera bien diffus, la scène est parfaite : une image simple, propre, et déjà dans la boîte.
Lahiru reprend la route, mais nous réserve rapidement une nouvelle surprise. Il nous arrête dans une vaste zone humide où de grands arbres ont littéralement les pieds dans l’eau. En regardant de plus près, nous comprenons que ces arbres sont habités : plusieurs centaines de grandes chauves-souris y ont élu domicile. Il s’agit de « Pteropus Giganteus », la chauve-souris géante d’Inde, aussi appelée renard volant, de par sa couleur. Les téléobjectifs nous permettent de les isoler avec précision, mais il faut aussi penser large pour montrer l’ampleur du lieu et la quantité incroyable d’animaux présents. C’est le genre de scène qui impose presque un panorama, tant la densité de vie saute aux yeux.
En reprenant la route, alors que nous commençons à approcher de la ville, j’aperçois un oiseau jaune perché dans un arbre sur une plage. Je demande à Lahiru de s’arrêter et me dépêche de rejoindre le spot. Il s’agit d’un loriot à capuchon noir. J’avais déjà croisé l’espèce dans un parc, mais ce n’est pas une raison pour se priver d’une nouvelle rencontre photographique, surtout dans un décor aussi différent. Le contraste entre l’oiseau à dominante jaune et le feuillage bien vert de la végétation côtière rend la scène encore plus intéressante à composer.
Le prochain arrêt est Goyambokka Beach, une magnifique plage accessible par un petit sentier, qui nous offre plusieurs occasions de photographier les vagues et les courbes du rivage. Le lieu fait clairement postale avec son ambiance sauvage. Nous prenons le temps de capter quelques beaux paysages marins, en laissant les vagues structurer les images.
En arrivant à Tissamaharama, nous tombons un bonus de la to do list : un entraînement de cricket. Celui-ci est organisé pour des enfants, sur un terrain placé en bord de mer. J’équipe le 70-200 pour rester à distance et ne pas déranger la scène, tout en capturant les gestes, les regards et l’énergie du jeu. Très vite, un des plus jeunes enfants me repère et demande à changer de rôle pour passer à la batte et devenir l’acteur principal de l’entraînement. Bien que plus petit que les autres, il donne tout pour donner le change. Il est espiègle, souriant, volontaire : impossible de ne pas sourire à mon tour devant cette spontanéité. Nous échangeons quelques regards complices et le remercie pour son implication.
Nous faisons encore quelques arrêts sur certaines des plus belles plages du pays avant de rejoindre le phare de Dondra, le Dewundara Lighthouse. Construit en 1889, ce phare octogonal se dresse sur une pointe rocheuse entourée de palmiers et de bateaux de pêche. En arrivant, je sais déjà que je vais me régaler : le spot est superbe, la lumière de fin de journée est douce. C’est presque trop parfait. Le phare blanc, immaculé, se découpe sur le ciel et sur la végétation côtière, et j’enchaîne les compositions sans réussir à choisir la meilleure, tant elles me plaisent toutes.
Nous faisons ensuite un rapide crochet par le temple Uthpalawanna, devant lequel se dresse une immense statue de Bouddha. La fin de journée approche, et alors que nous roulons le long du front de mer, nous voyons le soleil plonger lentement dans l’horizon de l’océan. Le spectacle est grandiose, presque silencieux, et nous restons un instant suspendu à cette dernière lumière.
Notre prochain arrêt est le temple Matara Paravi Duwa. Le soleil est couché, le temple s’illumine peu à peu, et les dernières lueurs du jour disparaissent derrière l’horizon. Construit sur une île, le sanctuaire est entouré par les vagues qui viennent lécher les rochers, offrant une scène très graphique et très vivante. Pour saisir le maximum de détails, je fais plusieurs bracketing d’exposition en variant les vitesses, avec l’idée de choisir plus tard le rendu de l’eau que je préfère. Entre la mer, les rochers, le temple et la lumière qui s’éteint, tout se prête à une photographie plus contemplative. Le plaisir de conclure cette journée sur une belle composition me ravi.
Nous arrivons enfin à Talalla. Rincés, mais heureux de cette longue traversée entre marais, plages, villages et temples. Une bonne nuit de sommeil nous fera le plus grand bien avant la suite du voyage.
Jour 14 - Des marais de Tissamaharama aux plages sauvages de Talalla








Cette journée sera Chill ! Nous démarrons tout en douceur, avec une sortie en bateau au large de Mirissa pour tenter d’observer dauphins et baleines. À 6h30, nous embarquons sur un bateau déjà bien rempli de touristes répartis sur les 2 étages. La mer est calme au départ et le restera au fil de l’horizon qui s’ouvre devant nous.
Autant mettre fin au suspense tout de suite : nous verrons bien des dauphins, mais aucune baleine à l’horizon. Pour ma part, en tant que photographe, je sais que les plus belles images de cétacés se jouent souvent sous l’eau, dans leur propre environnement, mais ce n’était pas l’objectif de cette excursion. La balade est agréable, rythmée par quelques dauphins venant percer la surface de l’océan le temps d’un clic, et par cette sensation simple de naviguer au large dans la lumière du matin.
Pour ce type de sortie, il vaut mieux partir avec un 70-200 mm, suffisamment polyvalent pour zoomer sur un dauphin un peu éloigné ou, à l’inverse, garder de la souplesse si une baleine se présente à vous. Avec le roulis du bateau, une focale plus longue devient vite compliquée à maîtriser. Je laisse les ISO en automatique, je choisis une vitesse suffisamment rapide pour compenser nos mouvements et ceux de l’embarcation, et j’active la stabilisation de mon matériel, qui devient une alliée précieuse. La bandoulière, elle aussi, rend service : elle aide à stabiliser l’appareil et permet de se sécuriser rapidement si le bateau part brusquement dans les vagues. Attention également à la sur ou sous exposition qui arrive vite lorsque vous changez de bord. Le soleil reflète sur l’eau et le dos mouillé des dauphins. Pour m’adapter au mieux je garde le pouce sur la molette de l’expo et indique à mon boitier si l’image est trop ou pas assez lumineuse.
De retour au port, nous prenons le temps de photographier les environs. Le lieu vaut le détour pour ses bateaux de pêche aux couleurs vives, qui offrent de belles compositions même sans quitter le rivage. Il suffit de s’attarder quelques minutes sur les quais pour repartir avec quelques images simples mais efficaces, entre coques peintes, cordages et lumière tropicale.
Le reste de la journée se déroule tranquillement, au rythme d’une découverte plus libre des alentours. La journée est assez OFF mais nous gardons tout de même un objectif clair en tête : le coucher de soleil à Coconut Beach. C’est l’endroit carte postale par excellence, avec ses palmiers dressés sur une pointe rocheuse et l’océan qui se vide peu à peu de sa lumière. L’endroit est connu, parfois un peu trop fréquenté (à mon goût), mais le spectacle reste magnifique, surtout quand les vagues viennent frapper les rochers sous une lumière dorée.
Nous faisons pourtant un petit parallèle amusant entre deux ambiances. D’un côté, le décor naturel, les vagues et les palmiers ; de l’autre, une foule élégante en train de multiplier les selfies, robes de soirée, talons aiguilles et verres à cocktails en main. Avec nos chaussures de randonnée et nos gros sacs à dos, nous faisons presque tache au milieu de cette scène très « vacances glamour ». Ce n’est clairement pas la philosophie de notre voyage, et dans ce genre de situation je préfère tourner le dos au botox et profiter de la vraie beauté offerte par la nature.
Le soleil finit par disparaître derrière l’horizon, et nous capturons ce dernier instant avant de partir dîner tranquillement. La journée de demain s’annonce plus riche, alors nous rentrons avec cette impression de parenthèse légère, entre mer, dauphins et coucher de soleil.
Jour 15 - Mirissa : Dauphins et Coucher de soleil à Coconut Beach








Cette journée s’annonce riche en aventure, et Thomas, surfeur émérite, veut absolument profiter des vagues du côté de Galle. Toujours partant pour de nouvelles expériences, je relève le défi. Nous nous rendons sur une plage réputée, où Thomas file immédiatement jouer dans les vagues pendant que je débute un cours particulier avec un prof local…sur le sable. Il m’enseigne d’abord les rudiments : position, équilibre, poussée. Après une demi-heure de technique, place à la mise en situation dans l’eau. Mon coach est sympa, exigeant et ne me laisse aucun répit entre mes tentatives, mais l’ambiance est bonne. Les vagues sont parfaites pour débuter, et assez vite, j’arrive à en attraper quelques-unes. Thomas me rejoint, fier de voir que j’ai été accepté dans la « famille des surfeurs ». Pendant ce temps, j’ai laissé mon appareil à Lahiru, qui s’est fait plaisir en nous mitraillant dans l’écume. Thank you bro !
Nous finissons de barboter et reprenons la route vers une des activités les plus photogéniques de notre séjour : les pêcheurs sur pilotis. Le cadre est idyllique – mer turquoise, soleil généreux, tenues colorées des pêcheurs et vagues se fracassant en arrière-plan. La photo peut sembler clichée, mais elle reste une belle image que j’aime regarder et partager.
Prochain arrêt : une plage où des tortues viennent se faire nourrir par les touristes. Les tortues sont bien présentes, mais l’aspect « photo sauvage » est absent, alors nous ne nous attardons pas et filons vers Galle, cité inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO et célèbre pour son fort. Lahiru nous dépose à une entrée et nous donne rendez-vous de l’autre côté. Les murailles sont impressionnantes, les canons tournés vers la mer témoignent de l’histoire du lieu. Je m’attarde sur le phare, que je photographie en bracketing d’exposition. Le soleil est fort, ponctué d’éclaircies et de nuages annonciateurs qui texturent le ciel. Cette technique devrait révéler chaque nuance tout en préservant les hautes lumières sur le phare immaculé.
De l’autre côté, un grand bâtiment blanc occupe l’angle et se fond dans le décor. Seuls quelques indices discrets, des écritures et un croissant de lune révèlent qu’il s’agit d’une mosquée. Presque à mes pieds, un varan émerge tout juste de la digue longeant l’océan et passe parmi les passants sans se préoccuper d’eux. Cette promenade à l’ombre des grands arbres est relaxante et enrichissante. Nous arpentons les rues pavées du fort quand une pluie soutenue nous surprend, et nous courons rejoindre Lahiru.
Plus loin, nous nous arrêtons au temple Seenigama Muhudu Viharaya, dont une partie est hébergée sur une île. Puis un atelier de construction de bateaux de pêche attire notre attention. Des embarcations de dix mètres, aux couleurs vives, sont posées dans un équilibre précaire sur des bidons métalliques et des cales en bois au bord de la route. La journée se poursuit avec un arrêt au mémorial des victimes du tsunami de 2004, qui fit 35 000 morts au Sri Lanka et 230 000 au total dans l’océan Indien. Un Bouddha géant, de la hauteur de la vague qui frappa la côte, se dresse là, empreint de sérénité.
En circulant au Sri Lanka on ne peut pas faire abstraction du train qui est omniprésent. Comme un clin d’œil à notre périple en train à Ella, nous nous arrêtons près d’une voie ferrée bordant la jungle luxuriante. Le ferroviaire a une place prépondérante dans le pays. Quelques kilomètres plus loin, c’est une nouvelle plage, pareille à une oasis qui entend le clic de nos appareils. Lahiru nous dit que des mariés y viennent souvent pour leurs photos – et on comprend pourquoi.
La fin de journée approche. Nous arrivons à notre point de chute et décidons de prendre un verre dans un bar avec vue sur l’océan, mais d’abord, il y a le coucher de soleil à photographier. Nous sortons les sacs photo et cherchons une composition sympa. Alors que le ciel et l’océan se parent d’or, j’entends quelqu’un crier. À plus de 200 m, un homme me fait de grands signes. Intrigué, je prends mon barda et vais à sa rencontre. Il m’explique que des tortues tout juste nées sont en train d’être relâchées. C’est un cadeau du ciel ! À peine positionné, les premiers bébés sont libérés et se ruent – très lentement et de façon erratique – vers le soleil couchant. Les réglages pour un coucher de soleil et un lâcher de tortues ne sont pas du tout les mêmes, mais j’arrive à sortir mon épingle du jeu en ramenant encore de beaux souvenirs. La dernière tortue rejoint l’océan en disparaissant dans un bain d’écume, et je retourne à mon coucher de soleil, émerveillé. Ces nouveau-nés filent vers une vie semée d’embûches dans un océan peuplé de prédateurs. C’est pour éviter qu’elles soient dévorées par les mouettes et autres oiseaux marins que ces tortues sont relâchés en soirée, multipliant ainsi leurs chances de survie.
Après cette journée bien remplie, nous pouvons enfin nous restaurer et nous reposer.
Jour 16 – Surf, Galle et bébés tortues sous le soleil couchant








Nous avons passé la nuit dans une villa située à deux pas d’un étang, mais l’arrivée tardive ne m’a pas permis de repérer les lieux la veille. Ce matin, avant que Lahiru ne vienne nous récupérer, je profite donc des dernières heures sur place pour explorer les environs. À peine sorti sur le patio, j’aperçois déjà un caméléon lové dans une plante de jardin : il devient naturellement le premier modèle de la journée, et probablement l’un des derniers de ce voyage.
Je traverse ensuite la route et rejoins les abords de l’étang. La scène est superbe : la surface de l’eau est presque entièrement recouverte de nénuphars en fleurs, avec leurs pétales roses qui donnent au lieu une atmosphère paisible et très photogénique. J’arrive à m’approcher d’un vanneau indien, un échassier élégant que nous avons souvent croisé durant le séjour, et la lumière est tout simplement parfaite pour le saisir proprement.
Un peu plus loin, je repère du mouvement dans un grand arbre : un écureuil palmiste indien est à l’oeuvre. C’est un petit moment symbolique pour moi, car c’est le tout premier animal que j’avais aperçu en sortant de l’aéroport à notre arrivée au Sri Lanka. La boucle est ainsi bouclée, et j’aime cette sensation de refermer le voyage sur une rencontre familière. Un bulbul à ventre rouge vient aussi se prêter au jeu du portrait. L’oiseau est très commun ici, mais la lumière du matin est si belle qu’il serait dommage de ne pas en profiter.
Le temps est venu de charger nos affaires et nous prenons la route vers Colombo, puis Négombo, pour reprendre l’avion dans la soirée. En chemin, nous marquons un premier arrêt devant un cabanon en bordure de route où un pêcheur vend du poisson séché. Quelques centaines de mètres plus loin, des hommes rentrent de la pêche : le bateau est hissé sur la plage et s’ensuit une chorégraphie bien rodée pour étaler, secouer et ranger les filets en vue de la prochaine sortie en mer. C’est une scène simple, mais particulièrement vivante, qui dit beaucoup du rythme du littoral sri lankais.
En approchant de la capitale, le brouhaha urbain revient peu à peu, avec ses artères saturées de véhicules et ses façades plus denses. Pourtant, Lahiru nous conduit d’abord vers un espace encore semi-sauvage qu’il connait et où le goudron n’a pas encore tout englouti. Nous longeons un bras de mer bordé de végétation, peuplé d’oiseaux. Beaucoup nous sont devenus familiers au fil du voyage — hérons, king-fishers et autres espèces déjà vues ailleurs — mais je remarque aussi un oiseau que je ne connaissais pas : un barbu à tête brune, vert et jaune, parfaitement camouflé sur un bananier dont il déguste les fruits avec obstination. Plus loin, un bec-ouvert indien nous observe depuis sa branche, tandis qu’un Talève à tête grise se promène parmi les plantes aquatiques. En très peu de temps, ce secteur nous aura offert trois nouvelles espèces à photographier. Bonne pioche Lahiru.
Nous sortons ensuite de cette parenthèse luxuriante pour retrouver Colombo, ville de contrastes où les bâtiments modernes côtoient les lieux de culte hindous, bouddhistes et musulmans. Les architectures contemporaines voisinent avec des témoins plus anciens, comme la célèbre mosquée rouge Al Masjidh. En raison du mois de ramadan, elle est fermée aux visiteurs afin de permettre aux pratiquants de prier en paix ; je serai donc le seul à entrer à l’intérieur, ce qui me permet de visiter les lieux et de faire quelques photos sans déranger personne. À la sortie, je retrouve Lahiru et Thomas en discussion avec une touriste espagnole passionnée d’architecture, un peu frustrée de ne pas avoir pu visiter l’intérieur. Elle se contentera avec plaisir des quelques images que j’ai pu lui montrer.
Nous nous extirpons ensuite des rues bondées, où s’accumulent les étals des vendeurs, pour terminer la journée à Galle Face Green. Ce parc urbain, en bord d’océan et au pied des grandes tours modernes, est une véritable bouffée d’air pour les habitants de Colombo qui viennent y profiter des pelouses, se reposer ou faire voler des cerfs-volants. L’endroit résume bien la ville : un espace ouvert, vivant, à la frontière entre mer et modernité.
Notre vol retour approchant, il est temps pour nous de rejoindre Négombo, où nous quittons celui qui est devenu notre ami, Lahiru. Il a été infaillible, serviable et toujours disponible pour répondre à nos questions sur la culture, la religion, la faune et la flore du pays. Il a indéniablement été un énorme atout pour l’ensemble du séjour, et nous ne pouvons que le recommander chaleureusement.
Jour 17 - Notre dernière journée au Sri Lanka :
Nature, Architecture et Au revoir








Avec Thomas nous avons vécu ce voyage comme une grande parenthèse entre amis, rythmée par la lumière, la route et les marches gravies une à une. Dès le départ de Lyon, je savais que ce séjour au Sri Lanka serait différent : un sac photo, quelques objectifs, et surtout cette envie commune d’explorer.
En survolant Colombo à l’aube, nous nous sommes regardés avec ce sourire qui veut dire « on y est ». Et on a vraiment pas été déçus de ce voyage. Même s'il reste encore plein d'endroits à découvrir dans le monde, j'aurai envie de revenir au Sri Lanka et avec Lahiru sans aucun doute.
Je vous ai parlé des paysages et de la faune que nous avons photographié, mais l'expérience humaine a également été très plaisante. On a rencontré que des gens super sympas, souriants et qui font tout pour vous rendre service et au final c'est vraiment ce qui m'aura le plus marqué.
En ce qui concerne mes remerciements, ils vont tout d’abord à mon pote Thomas qui a organisé, je devrais même dire orchestré ce voyage. Très clairement il m’a proposé un trip clé en main. On s’est éclaté absolument tous les jours et croyez moi, je ne vous ai pas tout raconté.
J’en profite pour vous glisser son compte insta qui vaut vraiment le détour : @photomgraphy35
Et enfin last but not least, notre guide durant ce séjour, j’ai nommé notre rayon de soleil Lahiru. Il est mordu de photo comme nous et a été une des clés de la réussite de notre séjour. Plus qu’un guide, il est devenu notre ami.
C’est un guide officiel qui connait son pays sur le bout des doigts. Evidemment il a des contacts de partout et saura vous conseiller au mieux en amont et sur le terrain pour parer à toutes les situations et adapter le projet à la météo si besoin. Avec lui vous voyagerez en toute confiance. Il a une conduite très agréable et il n’a pas son pareil pour repérer les animaux et vous renseigner sur les différentes espèces rencontrées. Questionnez le sur la géographie, la culture, la religion…vous aurez vos réponses !
Cheers Bro !
Je vous le recommande donc à 100% et vous laisse ses coordonnées.
Lahiru DISSANAYAKA
Whatsapp: +94 76 846 1711
E-mail: lahirudissanayaka001@gmail.com
Facebook: Lahiru Dissanayaka
Conclusion et Remerciements








